• Une pédagogie adaptée à mon quotidien de classe

    Ma pédagogie.... porte mon nom et ne va qu'aux élèves de ma classe de l'année!

    Je souhaite ici formuler plus précisément ma façon de travailler... 

    J'ai commencé dans ce métier, avec beaucoup de candeur et de naïveté. Je ne connaissais pas très bien le public scolaire et je vivais dans l'espoir d'une carrière tranquille, épanouie au contact d'enfants charmants prêts à travailler et grandir en ma compagnie.

    C'est lors de ma première inspection que mon IEN a pris le temps de m'expliquer que ma façon de travailler ressemblait à celle d'autres courants pédagogiques. Elle m'a encouragée à justifier l'usage de certains matériels didactiques, développer des démarches que j'avais retenues etc... Elle a noté une "marque personnelle du travail" que je n'aurai de cesse d'approfondir au fil des ans.

    J'ai ainsi reconnu certains éléments de ma pratique, qui étaient alors intuitifs, dans divers courants pédagogiques (notamment l'ICEM, le GFEN, l'AGEEM, la PI) . Mais, refusant toute étiquette (autre que syndicale à ce moment là), j'ai continué à explorer, clarifier, creuser des voies variées susceptibles de répondre à mes besoins de terrain. (ou plutôt, aux besoins de mes élèves).

     Une pédagogie adaptée à mon quotidien de classe

    J'ai dû, au gré des mouvements et des cartes scolaires, changer souvent de mission, de niveau et d'école, ce qui m'a valu de nombreuses occasions d'évaluer la pertinence des "façons de faire" auxquelles je croyais.

    Aujourd'hui, je peux tranquillement dire que je fais de la pédagogie Gomez-Gauthié... puisque je me suis appropriée des dispositifs...

    Je m'appuie bien sûr sur les programmes, et donc, il m'importe avant toute chose de donner à chaque élève la juste portion de chacune des matières qu'il m'est donné d'enseigner.
    Cette polyvalence est un challenge, certes, mais j'y tiens beaucoup !
    Cela me permet de mettre du SENS dans tous les apprentissages réalisés et entretient la motivation de mon groupe. Je n'ai pas de dada particulier et bien souvent, ce sont les centres d'intérêt des élèves qui me guident dans le montage de projets pédagogiques. Mon objectif étant de caser la proportion attendue de chaque enseignement prévu.

     

    J'aime travailler dans de bonnes conditions et  je ressens très vite le besoin de poser un contrat didactique clair avec mes élèves. Je mets donc en place très vite les règles de fonctionnement de ma classe, en lien avec les attendus de tout citoyen: ce sont les lois. Ensuite, nous discutons des règles de vie, dans l'intérêt du groupe sur le temps scolaire et péri scolaire si besoin. Ici, les maîtres mots de la pédagogie institutionnelle m'ont bien aidée à structurer ces moments. Il en est de même pour la gestion des temps collectifs.

    Mes classes alternent en effet des temps individuels de progression (à la manière de la PMEV ou de PIDAPI en cycle 3) et des temps de travail collectifs (pédagogie de projet). Mais je ne réussis pas à installer chaque année ou trimestre des plans de travail. Parfois le groupe n'est pas prêt à travailler ainsi. Ce n'est pas moi qui impose, mais qui m'adapte aux besoins de chacun et du groupe.

    Je dégage du temps pour travailler en aide personnalisée sur le temps de classe, par tranches d'environ 20 minutes... quand le groupe est assez autonome pour fonctionner ainsi !

    Rien n'est idéal, il y a souvent des ratés, des bonnes et des mauvaises journées... Je tâche de m'adapter au mieux.

    Les invariants de ma façon de travailler sont:

    - enseigner de tout, en tout lieu, souvent hors de l'espace de la classe lorsque c'est possible.

    -miser sur le SENS de tout apprentissage et la compréhension pour l'élève que ce qu'il apprend va lui servir (surtout lorsqu'il s’entraîne, apprend par cœur, est au centre du labeur ou que la marche est haute!).

    -enseigner le plus possible qu'on apprend en apprenant et donc qu'il importe de mettre de soi dans tout apprentissage... sinon, cela ne rentre pas tout seul! L'acte éducatif n'est pas passif ! Etre honnête et dire quand je ne sais pas...

    -impliquer non seulement l'élève mais aussi l'enfant avec toute sa richesse, et lui laisser un espace de parole, un espace contributif pour apporter au groupe en tant que personne..partager ce qu'il sait déjà, qui fait de lui un être grandissant.

    -utiliser beaucoup d'outils plutôt qu'un seul... pas un même manuel pour toute la classe.. Mais choisir plutôt de piocher vers tous les outils qui correspondent à ma vision de l'école et qui collent le mieux au besoin de mes élèves.

    + une bonne dose d'humilité (savoir appeler à l'aide en cas de besoin aux partenaires de l'école), une remise en question régulière de ses modalités de travail, une bonne hygiène de vie et un super sourire collé sur la trombine pour chasser les nuages!

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